Paire de candélabres en argent par L.Lehendick, Paris ép Louis XV

Appliques & luminaires

XVIIIe siècle

Paire de candélabres en argent par L.Lehendick, Paris ép Louis XV

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Appliques & luminaires du XVIIIe siècle

Paire de candélabres en argent par L.Lehendick, Paris ép Louis XV

Objet d'exception

DIMENSIONS : H. 44.5 cm

MATERIAUX : Argent

PROVENANCE : Paris

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Rarissime paire de grands candélabres à décor rocaille asymétrique en argent massif.

Les flambeaux reposent sur une base mouvementée à contours, moulurée de filets et ornée de coquilles, d’agrafes feuillagées, de rinceaux et de cartouches rocaille centrés de rosaces. Le fût balustre, rythmé de ressauts moulurés, est richement ciselé de feuilles d’acanthe, de chutes de fleurs, de cannelures et de motifs rocaille. Il se termine par un binet à décor feuillagé.

Les bouquets de lumières amovibles, formant candélabres à trois lumières, sont composés de bras sinueux traités de manière particulièrement nerveuse, en coups de fouet, et vigoureusement modelés de feuilles d’acanthe. Ils supportent des bobèches feuillagées et des binets en forme de boutons floraux épanouis. 

Au revers de chacune des bases sont insculpés trois poinçons : le poinçon du maître orfèvre Louis-Joseph Lenhendrick, formé des initiales L. L. séparées par une colonne, sous une fleur de lys couronnée et entre deux grains de remède ; le poinçon de jurande de Paris, lettre-date Z couronnée, pour 1763 ; et le poinçon de charge de Paris figurant une petite couronne de feuilles de laurier, en usage entre 1762 et 1768.

 

Au revers de chacune des coupelles des bouquets de lumière sont insculpés trois poinçons fortement frappés, aux contours empâtés et devenus difficilement lisibles : le poinçon du maître orfèvre Louis-Joseph Lenhendrick, aux initiales L. L. séparées par une colonne ; le poinçon de jurande de Paris, lettre-date K couronnée, pour 1773-1774 ; et un troisième poinçon indistinct, vraisemblablement le poinçon de charge de Paris en 1774.

 

Bel état de conservation.

Travail parisien d’époque Louis XV.

 

Poids:

Paire de flambeaux : 3 567 g.
Paire de bouquets de lumière amovibles : 2 737 g.
Poids brut total de l’ensemble : 6 304 g.

Dimensions:

Flambeaux seuls : hauteur 36,8 cm ; diamètre de la base 16,5 cm.
Bouquets de lumière amovibles : hauteur 14,6 cm ; envergure 44,5 cm.
Hauteur totale avec les bouquets de lumière : 44,5 cm.

 

Provenance :

Ancienne collection Joseph Sampson Stevens (1865-1935) fils d’Adele Livingston de Talleyrand-Périgord, devenue marquise de Talleyrand et duchesse de Dino par son mariage avec Maurice de Talleyrand-Périgord.

Bibliographie :

Le dessin de notre flambeau, provenant de l’ancienne collection Beurdeley, est aujourd’hui conservé au musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg. Il est reproduit et étudié dans l’ouvrage de Carole Blumenfeld, François-Thomas Germain, orfèvre des rois, p. 154, au sein d’un important article consacré à cette série de flambeaux.

 

Exemplaires identiques ou directement correspondants dans les musées :

  • -      Walters Art Museum, Baltimore
    Une paire en argent par Louis-Joseph Lenhendrick, donnée comme exécutée d’après François-Thomas Germain, milieu du XVIIIe siècle.
    Hauteur : 27,3 cm. Numéros d’inventaire 57.1696 et 57.1697.
  • -      Musée des Arts décoratifs, Paris
    Une paire du même modèle exécutée par François-Thomas Germain, Paris, 1754-1755, inventaire 26883 B.
    -      Museu Nacional de Arte Antiga, Lisbonne
    Une paire de la grande taille, datée 1756-1757, portant les poinçons de Lenhendrick et de François-Thomas Germain. 
  •        Le musée conserve également des flambeaux apparentés exécutés vers 1757-1758 par Guillaume Jacob de même modèle.

-      Musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg
       Le musée conserve non pas nécessairement une paire de flambeaux, mais surtout le dessin de référence correspondant au modèle

 

Notre avis :

Les paires de candélabres en argent de style rocaille datant du règne de Louis XV qui nous sont parvenues dans leur intégrité sont aujourd’hui rarissimes. Cette rareté s’explique notamment par les fontes successives de l’argenterie française et par les différents édits somptuaires qui, au XVIII ème siècle, entraînèrent la disparition d’une part considérable de la grande orfèvrerie française.

Le modèle de nos flambeaux compte parmi les créations les plus célèbres et les plus abouties de l’orfèvrerie rocaille parisienne. Longtemps attribué à François Thomas Germain, chez qui Louis-Joseph Lenhendrick avait effectué son apprentissage à partir de 1738, ce dessin fut également exécuté par les Germain eux-mêmes. Les recherches ont toutefois permis de rendre avec certitude la paternité du modèle à Louis-Joseph Lenhendrick. Un document particulièrement révélateur figure dans l’inventaire de l’atelier de François-Thomas Germain dressé en 1765, où le modèle est expressément désigné comme « flambeau Lenhendrick », confirmant ainsi l’origine de cette composition.

Le succès de ce modèle fut considérable. Décliné en plusieurs dimensions, il fut exécuté par Lenhendrick durant plus de deux décennies, depuis les premiers exemplaires connus de 1747-1748. François-Thomas Germain en reprit lui-même le dessin, notamment pour des exemplaires aujourd’hui conservés au Musée des Arts décoratifs à Paris et au Museu Nacional de Arte Antiga à Lisbonne. Sur l'un des exemplaires de Lisbonne apparaissent d'ailleurs conjointement les poinçons de Lenhendrick et de Germain, témoignage particulièrement précieux des liens entre les deux ateliers.

La diffusion de ce modèle jusque dans les grandes collections européennes témoigne de son extraordinaire prestige. Des exemplaires furent notamment destinés à la famille royale du Portugal, tandis que des ensembles de Lenhendrick se retrouvèrent également dans les grandes collections russes. Le dessin même de notre modèle, autrefois dans les collections Beurdeley puis du baron Stieglitz, est aujourd’hui conservé au musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg et publié par Christiane Perrin dans François-Thomas Germain, orfèvre des rois, 1993, p. 154.

Une autre série exceptionnelle de vingt-huit flambeaux du même modèle, réunie pendant près de quarante ans par le collectionneur Djahanguir Riahi, fut adjugée 1 049 250 livres sterling, soit 1 291 627 euros, chez Christie’s à Londres, le 6 décembre 2012, lot 46. Elle fut ensuite divisée en deux groupes de quatorze lors de la vente de l’Hôtel Lambert organisée par Sotheby’s Paris le 11 octobre 2022, lots 41 et 42.

 

Enfin, à la qualité exceptionnelle de leur exécution et à l’importance historique du modèle s’ajoute le caractère monumental de notre paire. Les flambeaux, exécutés en 1763, appartiennent au modèle le plus recherché de Lenhendrick et sont réalisés dans sa plus grande dimension. Ils furent transformés par Lehendrick lui même une dizaine d’années plus tard en candélabres par l’adjonction de bouquets amovibles à trois lumières, poinçonnés vers 1773-1774. Cette livraison postérieure des bouquets correspond à une pratique attestée dans les grandes commandes du XVIIIe siècle, notamment pour la Couronne portugaise : des flambeaux initialement conçus pour être utilisés seuls pouvaient recevoir ultérieurement des bras de lumière, afin de former des candélabres plus monumentaux sans altérer leur première fonction.

À cette particularité s’ajoute leur remarquable provenance. La paire était autrefois conservée à Kirby Hill, demeure de Joseph Sampson Stevens (1865-1935), dont la mère, Adele Livingston, devint marquise de Talleyrand et duchesse de Dino par son mariage avec Maurice de Talleyrand-Périgord. Ce lien avec l’une des plus illustres familles de l’aristocratie française laisse ouverte l’hypothèse d’une provenance antérieure plus prestigieuse encore, que de futures recherches dans les inventaires et les archives familiales pourraient permettre de préciser.

 

 

 

Louis-Joseph Lenhendrick (?-1783)

Louis-Joseph Lenhendrick est l’un des principaux orfèvres parisiens du XVIIIe siècle. Probablement originaire des pays germaniques, il entre en 1738 dans l’atelier de Thomas Germain, orfèvre du roi, aux Galeries du Louvre. Il y reçoit une formation particulièrement prestigieuse aux côtés de François-Thomas Germain. Il est reçu maître orfèvre à Paris en 1747 et adopte pour poinçon ses initiales « L.L. » accompagnées d’une colonne. 

Après la mort de Thomas Germain, Lenhendrick demeure étroitement lié à François-Thomas Germain, avec lequel il participe à plusieurs commandes majeures destinées aux cours européennes, notamment celles de Versailles, Lisbonne et Saint-Pétersbourg. Il prend notamment part à l'exécution du spectaculaire service Orloff, commandé pour Catherine II de Russie. 

Orfèvre reconnu par ses pairs, il exerce les fonctions de garde puis de grand garde de l’orfèvrerie parisienne. Son œuvre témoigne de l’évolution du goût français, depuis les formes rocaille héritées des Germain jusqu’aux compositions plus ordonnées annonçant le néoclassicisme. Il meurt en 1783.

Paire de candélabres en argent par L.Lehendick, Paris ép Louis XV

Paire de candélabres en argent par L.Lehendick, Paris ép Louis XV

Paire d’appliques aux enfants ailés, Paris époque Empire 

Paire d’appliques aux enfants ailés, Paris époque Empire 

Paire d’appliques en bronze à trois bras, Paris époque Louis XVI

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Bougeoir de paravent en bronze et laque, Paris vers 1765

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Série de six flambeaux en bronze, Paris époque Régence

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Paire d’appliques aux lions par St Germain, Paris vers 1765

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Paire de candélabres en argent, Paris époque Louis XVI

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Bougeoir de paravent en bronze et laque, Paris vers 1750

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Lustre à lacets en cristal de roche, Paris ép Louis XIV

Lustre à lacets en cristal de roche, Paris ép Louis XIV

Paire de girandoles en bronze et cristal taillé, Suède vers 1790

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Paire d’appliques aux angelots, Paris vers 1720

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Paire d’appliques au couple de chinois, Paris vers 1740

Paire d’appliques au couple de chinois, Paris vers 1740

Paire d’appliques attribuée à Ravrio, Paris époque Empire

Paire d’appliques attribuée à Ravrio, Paris époque Empire

Paire d’appliques rocailles, Paris époque Louis XV vers 1750

Paire d’appliques rocailles, Paris époque Louis XV vers 1750

Paire d’appliques néo-classique en bronze doré, Paris vers 1770

Paire d’appliques néo-classique en bronze doré, Paris vers 1770

Paire d

Paire d'appliques en bronze doré , Paris vers 1730

Paire de flambeaux couverts en bronze doré, Paris époque Louis XVI

Paire de flambeaux couverts en bronze doré, Paris époque Louis XVI

Paire de candélabres signés Chiboust, Paris époque Empire

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Monumentale paire de torchères, Paris époque Louis XIV

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Série de quatre appliques en bronze, Paris époque Régence

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Paire de flambeaux en bronze Meissonnier, Paris vers 1740

Paire de flambeaux en bronze Meissonnier, Paris vers 1740

Série de quatre appliques aux enfants ailés, Paris époque Empire

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Pique-cierge en cristal de roche, Italie 18e siècle

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Paire de flambeaux attribuable à Claude Galle, Paris vers 1807

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